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Danse de l'âne totem
Le département de l'Hérault possède une spécificité : la plupart des villes et villages sont représentés par des animaux. Pézenas a son Poulain, Béziers son Chameau, Montagnac sa Chèvre, Florensac son Chevalet A Bessan, c'est un âne ! Il est l'emblème du village et les Bessanais y sont très attachés. Il fait son apparition lors de la fête locale de la Saint-Laurent. Quelques précisions sont nécessaires.
La fête de la Saint-Laurent approche, et, avec elle, la traditionnelle danse de l'animal totem de Bessan. Les adolescents élisent leurs deux chefs de jeunesse qui choisissent, depuis 1960, trois demoiselles d'honneur.
Ils trouvent auprès des amis, de la famille et des anciens du village, les bras indispensables à  la confection de fleurs en crépon et de fontanges aux couleurs vives destinées à  recouvrir le corps de l'âne. La toile de chanvre, tendue sur une charpente de bois, qui donne sa forme à  l'animal, est débarrassée de son ancienne parure. Les dessins de la tuque et du coq gaulois, placés sur les flancs, sont rafraîchis. La tête, taillée dans de la mousse, est restaurée. La queue, celle d'un cheval, a résisté. Le calicot, destiné à  cacher les danseurs, et sur lequel il est rappelé, depuis quelques années, que l'âne est de Bessan, est fixé au dernier moment
Les danseurs, choisis parmi les hommes forts du village, sont au nombre de cinq. Le premier danseur est habillé de blanc, depuis le bonnet jusqu'aux chaussures. Il est paré d'une ceinture tricolore, habitude qui se perpétue probablement depuis la période révolutionnaire. Il mène l'âne au claquement du fouet. Les quatre autres danseurs sont dans le corps de l'animal, qu'ils portent et font danser aux rythmes de la musique.
Les musiciens, hautbois et tambour, jusqu'au début des années 1970, puis Philharmonique, suivent l'âne en répétant inlassablement les mêmes morceaux. Les chefs de jeunesse précèdent l'animal, l'un d'entre eux balançant le drapeau tricolore qui flotte au vent. Depuis 1996, le deuxième chef de jeunesse arbore le drapeau occitan. Les demoiselles d'honneur distribuent à  la population de petites cocardes tricolores, qu'elles portent piquées sur des coussinets, tandis qu'à  côté d'elles des mains agitent des tirelires.
L'âne danse, se penche du côté gauche, puis du côté droit, recommence une deuxième fois, recule, avance et se dresse d'un coup, à  la surprise des touristes, la tête en bas, la queue dans les airs, soutenu seulement par le meneur et le premier danseur, qui le font tourner sur lui-même. Pendant ce temps, les trois autres danseurs se préparent à  le saisir au vol, au moment de la chute. Ce pas de danse se répète, à  chaque démonstration, variant lorsque les musiciens jouent une valse.
La tradition veut que l'âne ouvre la fête, le samedi le plus proche de la Saint-Laurent, à  17 heures, au son des cloches et des pétards qui rappellent les coups de canon, précédant dans certaines villes les manifestations importantes. Il fait le tour du village et danse sur les places où les élus municipaux l'attendent derrière une table garnie de boissons fraîches, Ricard, Rosé et " Bessanais " coulent alors à  flots, et gratuitement, pour la plus grande joie des participants chaque année plus nombreux. La danse se poursuit ainsi, jusqu'à  la tombée de la nuit, l'ambiance grandissant à  chaque arrêt, sous l'effet de l'alcool.
Le dimanche matin, l'âne se rend à  l'église pour y être béni. Le curé l'attend, sur le parvis, en présence d'une foule de badauds qui applaudissent lorsque chefs de jeunesse et demoiselles d'honneur lui offrent le bouquet. La messe dite, et l'âne béni, le curé offre parfois à  boire, dans le jardin du presbytère, après une dernière danse sur la place de l'église.
Il est midi bien sonné quand l'âne arrive devant la mairie où l'attendent élus locaux, personnalités et un bon millier de spectateurs, massés à  l'ombre des platanes de la Promenade. Une fois encore, l'âne virevolte, et les représentants de la jeunesse offrent des bouquets, cette fois au maire et à  des adjoints, au son d'une musique traditionnelle. En guise de remerciements, le maire fait son discours et invite la population à  prendre l'apéritif, pendant qu'un Bessanais chante la chanson de Bessan en occitan.
La confection de l'âne occasionne quelques frais. Une vente de fougasses est donc organisée par la jeunesse qui passe, le dimanche matin, de maison en maison, n'hésitant pas à  tambouriner aux portes pour solliciter la générosité des habitants.

Les légendes de l'âne
La danse de l'âne est rattachée à  une tradition orale. Un historien local anonyme parle en 1879 de l'âne qui honore l'âne de l'étable de Bethléem et celui qui avait servi à  Jésus pour son entrée dans Jérusalem.
Les anciens parlent volontiers d'un marché aux ânes, d'une coutume qui veut que l'on décore le plus beau de ces quadrupèdes et qu'on le promène dans les rues du village ; de l'âne qui s'échappe une année pour entrer dans l'église. Si les textes ne précisent pas de marché aux ânes à  Bessan, ils mentionnent cependant la foire de la Saint-Laurent créée par le roi François Ier en 1533. Une foire où sont probablement vendus des ânes, utiles aux paysans mais aussi aux bergers.
Une rumeur probablement alimentée par quelques Gignacois, raconte qu'en 730 l'âne de Gignac, telles les oies du Capitole, a prévenu les habitants de Gignac de l'arrivée des Sarrasins. Sarrasins qui, pour se venger, ont précipité l'animal dans l'Hérault où il a suivi le courant jusqu'à  Bessan, où il a été accueilli à  bras ouverts.
Il existe encore une troisième légende datant du Moyen âge. Une fois l'an, pour se moquer de l'autorité religieuse, les populations élisent, à  Agde comme dans les églises du diocèse parmi lesquelles Bessan, le plus fou du village : le prince des fous ou roi des fous, que l'on promène sur un âne, dans les rues, avant de pénétrer dans l'église. Une fête où le fou prend la place du prêtre, soutenu par les braiments du peuple qui imite les cris de l'animal. Après quoi, tous se précipitent dans le choeur où sont entassés vins et nourriture que l'on s'arrache avant de chanter des chansons licencieuses, de danser et de se vautrer dans un coin de chapelle. On peut dès lors imaginer que le clergé, ne pouvant empêcher cette fête païenne, a au moins réussi à  empêcher l'entrée de l'animal vivant, et pourquoi pas remplacé par un animal totem qui ne risquait pas de faire ses besoins dans l'église.
Quelle que soit son origine, l'âne est devenu l'emblème du village. Un emblème bien ancré dans le coeur des vieux bessanais et dont il ne faut pas négliger l'importance. Les jeunes de la fin du XIXe siècle l'ont appris à  leurs dépens qui, ayant refusé de proposer des chefs de jeunesse et de s'occuper de la danse de l'âne, se sont vus supprimer, par la municipalité, tous les bals de l'année.

    
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